La consultation en micronutrition

Le déroulement d’une consultation

Micronutrition : identifier l’origine des perturbations

Lors d’une consultation en micronutrition, le professionnel de santé va, dans un premier temps, identifier l’origine des perturbations de santé du patient. Pour préciser les différents symptômes ou troubles, il peut s’aider d’outils de diagnostic, par exemple ceux mis au point par l’IEDM :

  • Des questions très simples auprès du patient : sur l’alimentation et le comportement nutritionnel. Elles vont permettre de repérer les éventuels déséquilibres alimentaires et de suspecter certains déficits en micronutriments.
  • Une enquête plus précise mettra en évidence les troubles évoqués spontanément ou ignorés.

Les résultats obtenus peuvent parfois justifier d’une exploration biologique complémentaire. Elle confirme ce que la première phase a mis en exergue et affine le bilan. 
L’analyse de ces enquêtes et bilans constitue le point de départ d’un conseil personnalisé pour un retour vers l’équilibre et un sentiment de bien-être.

La durée de la consultation est d’environ 45 minutes. Certains prennent une heure, d’autres 30 minutes. Cette durée varie en fonction du professionnel de santé. De même, le tarif de consultation varie de 30 à 75€, selon que la consultation se déroule avec un professionnel de santé médecin, kinésithérapeute… Tout dépend des besoins du patient. Pensez à poser vos questions sur ces sujets dès la prise de rendez-vous.

En savoir plus en consultant l’Écho n°60 « La consultation de micronutrition, le conseil santé sur mesure »

Pourquoi faire appel au conseil d’un professionnel de santé pour prendre des compléments alimentaires ?

La prise de compléments alimentaires n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans un conseil nutritionnel personnalisé et n’est judicieuse que si elle répond à un besoin individuel. Un professionnel de santé est à même de vous conseiller : sa formation en micronutrition et son expérience lui permettront de choisir la meilleure stratégie pour vous aider.
« Je contacte l’IEDM pour connaitre le nom d’un professionnel de santé formé, dans ma région du lundi au vendredi au 01 53 86 00 81, de 9h à 12h30. »

Outils d’aide au diagnostic

Des outils d’aide à la consultation, d’aide au diagnostic par un dépistage personnalisé, pour un accompagnement personnalisé des problématiques de santé de vos patients.
Tous les questionnaires sont disponibles en téléchargement dans l’espace adhérent (pour devenir adhérent cliquez ici)

Questionnaires – diagnostics médicaux

Consultation de vieillissement réussi

  • Le Questionnaire de Qualité de Vie de l’Ostéoporose (QQVO)
  • Le Questionnaire de Vitalité
  • Le Questionnaires de Fragilité

Consultation de sevrage tabagique

  • Test de dépendance à la nicotine
  • Test de motivation à l’arrêt du tabac

Consultation de troubles anxieux et dépressifs

  • Le Questionnaire anxiété dépression (HAD)
  • Le Questionnaire Beck Depression Inventory (BDI)
  • Agenda de sommeil et questionnaire de Horne

Questionnaires IEDM – conseils officinaux

  • Questionnaire Fonctionnel
  • Questionnaire de Motivation
  • Questionnaire Sérotonine
  • Questionnaire Digestif
  • Questionnaire Oculaire

Questionnaires et dosages biologiques

Les outils de la consultation comprennent des questionnaires et des explorations biologiques à visée nutritionnelle et fonctionnelle.

Les questionnaires informatisés

Nous disposons actuellement de 3 questionnaires informatisés :

  • QMS : Questionnaire de Médecine de Santé (qms-iedm.fr)
  • QAF : Questionnaire Alimentaire Fonctionnel (qaf-iedm.fr)
  • QFP : Questionnaire Fonctionnel du Poids (qfp-iedm.fr)

L’idée est que lorsque l’individu est confronté à des apports nutritionnels et micronutritionnels inadaptés à ses besoins, son assiette ne satisfait pas un certain nombre de fonctions clés pour ses métabolismes.
Les questionnaires QMS et QAF sont organisées autour de 5 fonctions d’adaptation de l’organisme, qui sont fragilisés par des apports alimentaires inadaptés à l’individu. On les appelle les « maillons faibles » : la protection cellulaire ; la communication cellulaire ; l’interface digestive ; la fonction cerveau la fonction cardiométabolique
Les « maillons faibles » sont donc des entités pédagogiques regroupant plusieurs mécanismes physiologiques dont les liens entre l’alimentation et la santé sont reconnus.

L’interface digestive regroupe l’ensemble des symptômes en lien avec les perturbations digestives gastriques, hépato-vésiculaires, pancréatiques, intestinales), les perturbations intestinales immuno-inflammatoires (infections, intolérances alimentaires, allergies, signes à distance…).

La protection cellulaire regroupe l’ensemble des symptômes en lien avec les perturbations des mécanismes de défense cellulaire (stress oxydatif, infections, inflammations, détoxication, protéines de stress…).


La communication cellulaire regroupe l’ensemble des symptômes en lien avec les perturbations de l’architecture et de la fonction des membranes cellulaires (fluidité membranaire, déformation, canaux ioniques, récepteurs membranaires), pouvant impacter sur de nombreuses fonctions (cutanées, vasculaires, cérébrales, infectieuses…).

La fonction Cerveau regroupe l’ensemble des symptômes en lien avec l’insatisfaction des besoins nutritionnels disponibles notamment pour la biosynthèse des eurotransmetteurs (précurseurs des neurotransmetteurs et cofacteurs métaboliques), mais aussi l’architecture des phospholipides des membranes cellulaires du cerveau (neurones et autres cellules fonctionnelles).

La fonction cardio-métabolique regroupe 3 sous rubriques : les antécédents familiaux de pathologies cardiovasculaires et/ou métaboliques ; les antécédents personnels de ces mêmes pathologies ; les facteurs de risque à développer une perturbation cardiométabolique.

Le QMS a pour vocation d’identifier les troubles fonctionnels dans les 5 dimensions qui sont les témoins de l’impact de l’alimentation sur l’organisme ; il sera utilisé dans toutes les situations de consultation.

Le QAF sélectionne dans chacune des 5 dimensions les habitudes alimentaires favorables, peu favorables ou défavorables.

Le QFP s’adresse plus précisément aux patients qui consultent pour des problèmes d’excès de poids. Ont été sélectionnés 4 rubriques : Profil neuromédiateurs ; Profil déficits ; Profil digestif ; Profil cardiométabolique.

Les questionnaires papiers

1|Le Questionnaire Alimentaire sur une journée (QA)

Il s’agit d’un relevé de l’alimentation du patient, sur une journée et sur une semaine. Ce questionnaire a plusieurs objectifs, dont le principal est pédagogique : 
Il permet au patient de repérer d’un seul coup d’œil, la sur-consommation ou la sous consommation d’une famille d’aliments. 
Il permet de préciser les habitudes alimentaires, en ajustant la consommation quotidienne et en la comparant au déclaratif de la consommation hebdomadaire. 
Une fois l’ajustement des portions quotidiennes réalisé, on peut commencer à visualiser avec le patient sa pyramide alimentaire sur 1 journée ; en pratique la pyramide ressemble souvent à une fusée, à un avion, à un arbre ; ceci permet d’envisager les modifications utiles en symbolisant le changement à un changement de forme : « comment passer d’un avion à une pyramide… ».

L’intérêt de cette pédagogie est d’éviter de rentrer dans le « flagrant délit de délinquance alimentaire », souvent culpabilisant et démotivant.

Faire passer l’idée que les habitudes alimentaires sont installées dans notre cerveau comme des routines, et que souvent nous ne mangeons « pas bien », sans en être totalement conscients. La prise de conscience efficace doit non seulement éviter la leçon de morale mais aussi éveiller la curiosité de chacun sur ce comportement qui nous « échappe » et qui obéit à un profil de mangeur qui se structure précocement à la fois dans la personnalité de chacun et l’apprentissage éducatif.

C’est sur les bases de ce dialogue rassurant que les consignes peuvent être proposées, avec au maximum 2 consignes par séance, et vérification de l’appropriation de chacune des consignes à chaque séance. 
Une véritable réforme alimentaire doit être patiente, et jouer sur la durée puisque les spécialistes s’accordent pour dire qu’un changement d’habitude alimentaire nécessite 2 années pour s’ancrer. 
Au-delà du conseil alimentaire, les informations issues du questionnaire vont être corrélées aux questionnaires fonctionnels, pour faire des liens, et poser des hypothèses. À titre d’exemple, une personne consommant régulièrement des sucreries, a souvent un score Sérotonine au questionnaire DNS perturbé.

2| Le Dépistage de Déficience Micronutritionnelle (DDM)

C’est un questionnaire qui permet de détecter l’impact de l’alimentation sur le fonctionnement de l’organisme. Il regroupe les troubles fonctionnels autour de 6 grandes rubriques : A – troubles de l’humeur et de la fatigue B – troubles fonctionnels digestifs C – troubles ostéo-articulaires D – troubles infectieux E – troubles cutanés F – troubles circulatoires Chaque rubrique comprend en moyenne 6 questions cotées de 0 à 3 ; on obtient donc un score A, un score B, C, D, E ou F. Les scores peuvent être regroupés entre eux et le médecin va pourra établir un diagnostic fonctionnel de perturbation d’un ou plusieurs des 4 maillons faibles de l’organisme : 
– L’interface digestive 
– La protection cellulaire 
– La communication cellulaire 
– La fonction cerveau.

C’est un véritable « scanner » entier des fonctions de l’organisme, et chaque perturbation de maillon faible observée est analysée en comparaison avec le questionnaire alimentaire. Déjà, les premiers conseils alimentaires peuvent être suggérés, et les indications de complémentation peuvent être proposées en fonction du résultat.

3| Le questionnaire DNS (Dopamine – Noradrénaline – Sérotonine)

Le DNS permet de focaliser sur la fonction cerveau, pour préciser l’éventuelle origine nutritionnelle des troubles de l’humeur, du comportement et de la fatigue. Il mesure l’impact de notre alimentation sur le fonctionnement de votre cerveau. Il permet de détecter d’éventuelles causes d’un sommeil capricieux, d’une tendance au blues voire à la petite déprime, d’une difficulté à se projeter, d’une irritabilité, d’une attirance boulimique vers les produits sucrés, de troubles de concentration de la mémoire… En évaluant les déficits fonctionnels en certains neurotransmetteurs.

4| Le questionnaire QVD (Questionnaire de Vulnérabilité Digestive) 

Le QVD va focaliser sur l’interface digestive, et permettre de suspecter : 
L’existence d’une augmentation de la perméabilité alimentaire. 
La présence d’une intolérance alimentaire. De plus, le score global du QVD permet d’évaluer l’importance de la perturbation, et d‘anticiper sur le temps qu’il faudra consacrer à la restauration de l’équilibre de l’écosystème intestinal.

Les explorations biologiques

Selon le contexte, on pourra affiner les informations issues des questionnaires fonctionnels en s’aidant des explorations modernes de la biologie nutritionnelle et fonctionnelle. Ces bilans micronutritionnels ont toute leur place, en particulier lorsque les bilans classiques ne mettent pas en évidence de perturbation particulière. Ils permettent également de mesurer précisément l’impact du changement alimentaire et de la complémentation proposés par le médecin.

Parmi les explorations biologiques couramment utilisées, nous citerons en exemple : 

  • Les dosages pour préciser les déficits : fer, iode, vitamine D, sélénium, le coenzyme Q10…
  • Les dosages pour évaluer le niveau de perturbation digestive :  Défensines 2, calprotectine, IgA sécrétoires, …. 
  • Les évaluations du stress oxydatif : la SOD, la GPX, les anticorps anti LDL oxydés… 
  • L’évaluation des consommations et des besoins en oméga 3 et oméga 6 : le Profil des Acides Gras Erythrocytaires. 
  • L’évaluation des déficits en neurotransmetteurs : le Profil Urinaire des Neurotransmetteurs.

Les résultats de ces explorations sont exprimés sous la forme de graphiques très visuels qui permettent au patient de comparer son résultat à celui de la moyenne des personnes de son sexe et de sa tranche d’âge. Les explorations biologiques représentent le nec plus ultra du diagnostic en micronutrition. Cela demande un effort financier au patient puisque ces bilans ne bénéficient pas de remboursement par les caisses d’Assurance Maladie.

Le coût peut aller de 20 à 30€ pour une exploration simple (pris en charge dans la plupart des cas : fer, vitamine D), jusqu’à environ 150 à 200€ pour les situations plus complexes.

Néanmoins, cet effort a montré son utilité car le protocole proposé sera plus précis et rapidement actif.